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Mondiaux de Reno 2026 : une médaille d'argent au poids de corps et un titre mondial coaché

Les athlètes Masters 2 -83 kg sur le plateau des Championnats du monde IPF Masters Classic de Reno 2026

Du 15 au 24 octobre, Reno (Nevada) accueillait les Championnats du monde IPF Masters Classic de force athlétique. J'y étais doublement engagé : comme coach le jour J de Framboise Labat, devenue championne du monde Master 4 −84 kg, puis comme athlète en Masters 2 −83 kg. Deux journées, deux rôles, et plusieurs leçons qui valent pour n'importe quel compétiteur.

Mon championnat — le récap

Le 17 octobre, pesée à 15 h et passage sur le plateau à 18 h, heure locale. Voici mes meilleures barres validées :

MouvementMeilleure barreClassement
Squat215 kg3ᵉ · bronze au mouvement
Développé couché167,5 kgMeilleure barre de la catégorie1ᵉʳ · or au mouvement
Soulevé de terre260 kgRecord perso +155ᵉ
Total642,5 kg · Record perso +12 · 2ᵉ place — Vice-champion du monde Masters 2 −83 kg · 89,02 points GL · poids de corps 82,85 kg

Bilan : un nouveau total record, 12 kg au-dessus des 630,5 kg de mes France de juin, un soulevé de terre enfin débloqué à 260 kg, et la plus grosse barre de la catégorie au développé couché. Et une médaille d'argent au total… à égalité parfaite avec le vainqueur.

Podium Masters 2 -83 kg à Reno : Jesus Fragoso (USA), Karim Houas (France), Diego Sevilla Marín (Espagne) Karim Houas avec le drapeau français et ses médailles, Mondiaux IPF Masters de Reno 2026

642,5 kg partout : comment se départage une égalité

L'Américain Jesus Fragoso et moi avons terminé avec exactement le même total, 642,5 kg. Dans ce cas, le règlement IPF est simple : l'athlète le plus léger à la pesée est classé devant. Il pesait 79,25 kg, moi 82,85 kg. Le titre s'est donc joué sur la balance, pas sur la barre.

C'est une règle que tout compétiteur devrait avoir en tête au moment de bâtir sa stratégie de poids de corps. Pour Reno, j'avais volontairement choisi de peser autour de 83 kg plutôt que de descendre à 81,5 kg comme lors de mes compétitions précédentes : moins de déshydratation, plus de force disponible sur les trois mouvements. Et les chiffres me donnent raison sur un point important : même à 81,5 kg, j'aurais été plus lourd que lui. Le water cut agressif m'aurait coûté de la force sans rien changer au départage.

La leçon pour ton propre plateau

Le poids de corps ne sert pas seulement à rentrer dans la catégorie : il départage les égalités. Mais on ne règle pas un cut sur une égalité hypothétique. On le règle sur la force qu'il te laisse le jour J. Un cut plus doux qui te fait gagner 10 kg au total vaut presque toujours mieux qu'un cut extrême qui te fait gagner un départage improbable.

Médailles par mouvement et titre au total : ne pas tout mélanger

Dans un championnat de force athlétique, l'IPF récompense chaque mouvement séparément (squat, développé couché, soulevé de terre), puis le total. Le titre de champion du monde de la catégorie, c'est le total. Les médailles par mouvement récompensent la meilleure barre sur chaque discipline.

Concrètement, à Reno : je suis vice-champion du monde Masters de force athlétique, et champion du monde au développé couché dans le cadre de ces Mondiaux de force athlétique, avec en plus le bronze au squat. Ce n'est pas la même chose qu'un titre aux Mondiaux de développé couché, qui sont une compétition à part. Je tiens à cette précision : un palmarès, ça se lit au mot près, et tout est vérifiable sur OpenIPF.

Coacher le jour J : la championne du monde Framboise Labat

Deux jours plus tôt, le 15 octobre, j'étais accrédité comme coach de Framboise Labat en Master 4 −84 kg. Son résultat parle de lui-même : championne du monde, 4 médailles d'or et 5 records du monde.

MouvementMeilleure barreRésultat
Squat130 kgRecord du mondeOr
Développé couché80,5 kgRecord du monde · aussi en bench seulOr
Soulevé de terre157,5 kgRecord du mondeOr
Total368 kg · Record du monde · Championne du monde Master 4 −84 kg
Framboise Labat, championne du monde Master 4 -84 kg, avec son coach du jour J Karim Houas Écran des records du monde Master 4 aux Mondiaux IPF Masters de Reno 2026

Soyons clairs : ce titre appartient à Framboise et au travail mené en amont avec sa préparation. Le rôle d'un coach jour J est ailleurs, et il est souvent mal compris. Voici ce qu'il recouvre vraiment sur un championnat de ce niveau.

1. Caler le timing de l'échauffement

Sur un plateau mondial, les vagues s'enchaînent et l'horaire bouge. L'échauffement se pilote à rebours depuis l'appel de l'athlète, pas à l'heure annoncée. Arriver sous sa première barre trop froid ou déjà entamé, c'est perdre des kilos avant même de commencer.

2. Choisir les essais, barre après barre

Le premier essai sécurise, le deuxième construit, le troisième va chercher. Quand on vise un record du monde, il faut en plus annoncer une barre au-dessus du record en vigueur, au bon moment. Chaque décision se prend en quelques secondes, en fonction de la vitesse de la barre précédente et du classement en temps réel.

3. Gérer le plateau et les commandements

Feuilles d'annonce, délais de changement d'essai, rappel des commandements de l'arbitre : c'est là que ma casquette d'arbitre régional FFForce sert directement. L'athlète n'a qu'une chose à faire, pousser. Tout le reste, c'est pour le coach.

4. Garder l'athlète dans sa bulle

Entre deux essais, le stress monte. Le coach filtre : pas de calculs de classement à voix haute, pas d'informations inutiles. Juste la prochaine barre et la consigne technique qui compte.

Le bilan de la saison 2026

Reno referme une saison que je n'aurais pas osé écrire en janvier : champion de France de développé couché, champion de France Masters de force athlétique, champion d'Europe de développé couché, et champion du monde au développé couché aux Mondiaux Masters de force athlétique. Quatre titres, et un total qui continue de monter à plus de cinquante ans.

Ce qui m'intéresse le plus, c'est le message derrière. La méthode que j'applique sur moi-même : programmation par blocs, intensité pilotée au RPE, stratégie de poids de corps réfléchie, est exactement celle que j'utilise avec mes athlètes. Et la semaine prochaine, place à la récupération : tout ce que j'explique dans mon article sur la fatigue après une compétition s'applique… à moi le premier.

Ta compétition approche ?

Pesée, water cut, échauffement minuté, choix des barres et gestion du plateau : je peux t'accompagner le jour J, ou sur toute ta préparation, à distance ou en présentiel près de Dunkerque. Le premier échange est gratuit.

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